Bonjour à tous,
Le bulletin n°7 de Villebon Autrement est disponible au téléchargement. Pour le récupérer, allez directement dans notre rubrique Dernier bulletin, vous pouvez aussi télécharger les pécédents à la rubrique archives.
Les grands chantiers de Villebon y sont traités ainsi que les Roms.
à bientôt !
lundi 3 décembre 2012
vendredi 6 avril 2012
Le nouveau Bulletin de Villebon Autrement est là
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samedi 11 février 2012
La dette : l'exemple de l'Equateur
En 2007, le gouvernement équatorien a créé une commission pour l'audit du crédit public, composée d'experts juridiques et d'économistes internationaux. Les conclusions de cette commission furent claires et nettes : " La dette commerciale extérieure a servi de mécanisme illégitime et illégal de pillage entre 1976 et 2006, la dette passant de 16 millions de dollars en 1976 à 4,2 milliards, malgré un remboursement net, sur une période de trente ans, de 7,1 milliards de dollars sur le principal et les intérêts cumulés ". Alors que la dette avait été contractée à un taux de 6% en 1981, celui-ci est passé à 21%. L'Equateur a du réemprunter pour rembourser les intérêts d'une dette toujours croissante. Si les taux d'intérêts étaient restés à 6 % l'Equateur aurait complètement remboursé sa dette dès 1995, au lieu de payer 5,4 milliards supplémentaires depuis cette date. En 2008 l'Equateur était encore censé rembourser 4,2 milliards de dollars.
C'est alors que le président Rafaël Correa déclara : " Je viens d'ordonner de ne pas payer les intérêts de la dette. Le pays est donc en état de défaut de paiement vis à vis de la dette extérieure. Nous assumons entièrement la responsabilité de cet acte ".
Les prédateurs financiers internationaux ont aussitôt proféré des menaces dont la saisie d'actifs équatoriens ou carrément le gel des comptes bancaires à l'étranger. Les compagnies pétrolières et autres investisseurs étrangers pourraient interrompre leurs investissements et conduire à l' "auto-déclenchement d'une instabilité politique dans un pays où les trois derniers présidents ont été renversés par la rue et les intrigues du congrès"
Rien de tel ne s'est produit. Au contraire, en avril 2009 Correa a été réélu au premier tour avec 52 % des voix. Une tentative de coup d'état orchestrée par les milieux ultralibéraux américains a échoué.
Ce petit pays d'Amérique du Sud est parvenu, en utilisant les règles du marché, à racheter pour 900 millions de dollars des titres valant 3,2 milliards. Si l'on prend en compte les intérêts que l'Equateur ne devra pas verser, puisqu'il a racheté des titres qui arrivaient à échéance en 2012 ou 2030, le Trésor public équatorien a économisé environ 7 milliards de dollars. Cela a permis de dégager de nouveaux moyens financiers et d'augmenter les dépenses sociales dans la santé, l'education, l'aide sociale et le développement d'infrastructures de communication. Libéré de l'emprise des marchés et des agences de notation, l'Equateur jouit d'une plutôt bonne santé. Quelques chiffres : Taux de croissance 3,5 %, taux de chômage 7,4 %, inflation 3,3 %, dette publique 14,8 % du PIB.
En matière d'endettement, la constitution équatorienne, adoptée au suffrage universel en septembre 2008, représente une grande avancée. L'article 290 soumet notamment tout endettemenr futur aux règles suivantes (*) :
1. On ne recourra à l'endettement public que si les rentrées fiscales et les ressources provenant de la coopération internationale sont suffisantes ;
2. On veillera à ce que l'endettement public n'affecte pas la souveraineté nationale, les droits humains, le bien-être et la préservation de la nature ;
3. L'endettement public financera exclusivement des programmes et projets d'investissement dans le domaine des infrastructures, ou des programmes et projets qui génèrent des ressources permettant le remboursement. On ne pourra refinancer une dette publique déjà existante qu'à condition que les nouvelles modalités soient plus avantageuses pour l'Equateur ;
4. L'étatisation des dettes privées est interdite.
Ces règles sont loin de la règle d'or qui n'a pour objectif que d'imposer toujours plus de rigueur aux peuples au profit des marchés financiers. En décembre 2011, la BCE a accordé aux banques un prêt de 500 milliards d'euros à un taux de 0,5 %. Au lieu de soutenir le développement économique, cette manne est reprêtée aux états à des taux de 3 à 30 %, selon le bon vouloir des agences de notation. Joli cadeau de Noël qui leur permettra de renouer avec des bénéfices colossaux et de se distribuer entre amis des primes et rétributions substantielles pendant que l'on vous imposera un nouveau plan de rigueur.
Villebon Autrement soutient toutes les initiatives réclamant un audit citoyen de la dette publique car notre commune aussi a contracté des emprunts toxiques.
(*) Damien Millet et Eric Toussaint. Le Monde diplomatique. Juillet 2011.
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